Wegovy et Mounjaro : le remboursement officiellement acté, mais pour qui et à quel prix ?
Les arrêtés fixant les prix et les conditions de remboursement de Wegovy (sémaglutide) et Mounjaro (tirzépatide) ont été publiés. À partir du 15 juin 2026, ces deux traitements anti-obésité injectables seront pris en charge par l’Assurance maladie, mais uniquement pour une population très ciblée d’adultes.
Ce que vous allez apprendre
- Wegovy et Mounjaro seront remboursés à partir du 15 juin 2026 pour IMC ≥ 35 kg/m² avec comorbidité ou ≥ 40 kg/m² sans, après échec nutritionnel.
- La prescription initiale est réservée aux CSO, CHU, SMR nutrition/endocrinologie ou endocrinologues liés à un CSO.
- Mounjaro est plus cher que Wegovy et a en plus une indication pour le diabète de type 2.
- Le remboursement est fixé à 65 % par l’Assurance maladie
Après des mois d’attente, la prise en charge des deux médicaments anti-obésité les plus attendus est désormais officialisée. Le Journal officiel de jeudi 28 mai a publié les arrêtés permettant le remboursement aux assurés sociaux de Wegovy (sémaglutide, Novo Nordisk) et Mounjaro (tirzépatide, Lilly) dans une partie restreinte de leur indication. Ces traitements seront pris en charge à partir du 15 juin, dans des situations similaires.
Qui est éligible au remboursement ?
Pour bénéficier du remboursement, le patient doit remplir quatre conditions cumulatives :
- Être un adulte âgé de 18 ans ou plus,
- Présenter un IMC initial supérieur ou égal à 40 kg/m² sans comorbidité OU un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m² avec comorbidité,
- Être en échec de la prise en charge nutritionnelle bien conduite (moins de 5 % de perte de poids à six mois),
- Suivre simultanément un régime hypocalorique et une augmentation de l’activité physique
La liste des comorbidités éligibles
Pour les patients avec un IMC supérieur ou égal à 35 kg/m², seules des comorbidités précisées dans l’arrêté ouvrent droit au remboursement :
- Diabète de type 2 (tous cas),
- Hypertension artérielle nécessitant un traitement médicamenteux,
- Hypertriglycéridémie > 5 g/L, contrôlée à plusieurs reprises, hors alcool et hors déséquilibre diabétique, résistante au traitement,
- Stéatohépatite non alcoolique (NASH) ou fibrose hépatique, quel que soit le stade (la stéatose isolée n’est pas retenue),
- Syndrome des ovaires polykystiques chez les patientes en âge de procréer,
- Problème de fertilité avec projet d’assistance médicale à la procréation (AMP), sur proposition de l’équipe d’AMP,
- Maladie rénale chronique jusqu’au stade 3A/3B (avec avis néphrologue) ; stades sévères ou terminaux avec projet de transplantation (décision collégiale),
- Cirrhose Child A seulement, après accord hépatologue,
- Syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) avec IAH ≥ 15/h,
- Asthme sévère lié à l’obésité, après avis pneumologue, ORL ou allergologue,
- Lombalgies chroniques, coxarthrose ou gonarthrose invalidantes (avec avis rhumatologique et/ou orthopédique),
- Incontinence urinaire invalidante ne répondant pas aux traitements, confirmée par gynécologue ou urologue,
- Hernie pariétale ou éventration symptomatique ou complexe imposant une perte de poids pré-opératoire,
- Hypertension intracrânienne idiopathique résistante à une prise en charge neurologique bien conduite,
- Handicap moteur avec ou sans paraplégie (avec avis MPR ou neurologue),
L’indication opératoire devra être validée en RCP de recours dans un centre de niveau 3 pour la prise en charge de l’obésité.
Qui peut prescrire initialement ?
La prescription initiale du médicament est réservée aux professionnels exerçant dans les structures de santé impliquées dans la prise en charge de l’obésité de niveaux de recours 2 et 3 :
- Les médecins exerçant en centre spécialisé obésité (CSO),
- Dans un centre hospitalier universitaire (CHU),
- Dans un service de soins médicaux et de réadaptation (SMR) de gastro-entérologie, endocrinologie, diabétologie ou nutrition,
- Les endocrinologues en lien avec un CSO.
Le document d’accompagnement obligatoire
La prise en charge est subordonnée au renseignement par le prescripteur d’éléments relatifs aux circonstances et indications de la prescription dans le document dit d’accompagnement à la prescription, valable pour tous les médicaments analogues du GLP-1. Le prescripteur doit obligatoirement confirmer :
- La prescription initiale a-t-elle été réalisée par un prescripteur habilité ?
- Le patient est-il âgé de 18 ans ou plus ?
- L’IMC initial du patient est-il ≥ 35 kg/m² avec comorbidité ou ≥ 40 kg/m² sans comorbidité ?
- Le patient est-il en échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite avec moins de 5 % de perte de poids à six mois ?
Indication supplémentaire pour Mounjaro
Contrairement à Wegovy, Mounjaro sera également pris en charge à compter du 15 juin chez les adultes pour le traitement du diabète de type 2 insuffisamment contrôlé en complément d’un régime alimentaire et d’une activité physique :
- En bithérapie avec la metformine,
- En trithérapie avec la metformine et un sulfamide hypoglycémiant,
- En trithérapie avec la metformine et une insuline basale.
Dans ces situations, le prescripteur devra également renseigner un document d’accompagnement à la prescription.

